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Marc Bloch
  
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Mon 10e - par HV10 le 19/02/2013 @ 00:27

Le 10e vu par quelques écrivains


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Mon 10e

«…Je tiens à ce que j’appelle mon quartier, c’est-à-dire le 10e arrondissement, pour le plus poétique, le plus familial, et le plus mystérieux de Paris. Avec ses deux gares, vastes music-halls où l’on est à la fois acteur et spectateur, avec son canal glacé comme une feuille de tremble et si tendre aux infiniment petits de l’âme, il a toujours nourri de force et de tristesse mon cœur et mes pas. Il est bon d’avoir à la portée de l’œil une eau calme comme un potage de jade à la surface duquel cuisent des péniches, des passerelles aux courbes d’insectes amoureux, des quais robustes et désespérés, des fenêtres fermées sur des misères violentes…» «…Cher vieux quartier, aux féeries justes et douces comme des voix aimées… »

 Léon-Paul FARGUE, Le Piéton de Paris, 1932

«…….Dès le lendemain de mon retour d'une longue absence (de Paris), mon premier soin est d'aller faire un tour dans le Xème arrondissement où nous avons habité, ma famille et moi, pendant près de quarante ans. Si j'ai du temps, je m'y rends par le boulevard de Sébastopol et par le boulevard de Strasbourg, où je revois lentement les vieilles maisons de gros, de meubles, de mercerie et de parfumerie qui y existent encore. Je fais le tour de la gare de l'Est, je m'arrête un peu sur l'emplacement où se trouvaient nos ateliers de céramique et de verrerie, puis je monte à la Chapelle où j'ai habité avec les miens. J'y ai encore un casier chez la concierge et j'y reçois quelquefois des lettres. C'est là que j'ai commencé Déchiré, ce livre auquel je travaille encore. Et c'est là que ma vie a été coupée…. Tu ne sais pas ce qu'un nuage orageux sur le marché de Chabrol peut me rappeler de choses...»

Léon-Paul FARGUE, Lanterne magique, Robert Laffont, 1944, Chapitre « Dialogue » (pp 51 à 55)

Tel est le 10e

«...Avec ses deux grandes gares, ses six théâtres, ses hôpitaux, ses deux arcs de triomphe, sa mairie de belle prestance, prête à jouer le rôle de château ; avec ses larges avenues qui donnent grand air : le boulevard de Strasbourg et le boulevard de Magenta et surtout ce cours d’eau particulier qu’est le canal Saint-Martin, lequel lui appartient en propre, dans sa partie vivante, à quoi il faut ajouter dans l’ordre du symbole, une portion de la statue de la République, le 10e arrondissement se propose aux liseurs de signes et de plans, aux promeneurs et même aux historiens, à la manière d’une petite patrie indépendante, d’état intime et discret dans Paris... »

André BEUCLER, Sous le signe de Saint-Martin : Paris tel qu’on l’aime, 1949

Mon 10

«... J’habite entre deux gares, au bord d’un canal, dans l’un des arrondissements de Paris, les plus riches en prisons, en échappatoires, en plaisirs et en hôpitaux. C’est un arrondissement assez vague, aux confins de la République... C’est un fauve au souffle chaud, « mon » dixième arrondissement, et s’il me plaît de le chanter ici avec cette ostentation, c’est parce qu’assis sur le boulevard, il a l’intelligence de tourner ses grands yeux plein de trouble vers l’horizon des fleuves, et vers l’horizon des chemins de fer...»

Joseph DELTEIL, Le dixième arrondissement : l’Art vivant, 1er septembre 1925

 Les entrepôts Susset (aujourd'hui Point Ephémère)

«...Au-delà de la rue Louis-Blanc, le long du quai, derrière les peupliers et les platanes, l'installation des établissements Susset, matériaux de construction, se dressait, dominée par une longue terrasse avec une salle de spectacles : on y amenait les élèves des écoles le jeudi après-midi pour assister à des représentations populaires des comédies de Molière et des tragédies de Corneille et de Racine. Olivier n'oublierait pas ce lieu où il découvrit, de manière inhabituelle, au-dessus des sacs de plâtre et de ciment, des parpaings et des briques, le grand théâtre classique...»

Robert SABATIER, Trois sucettes à la menthe, 1972


La Cité Clémentel (aujourd'hui Le Jemmapes)

«...Bientôt les quais de Valmy et de Jemmapes, les rues Pierre-Dupont et Alexandre-Parodi, le passage Delessert n'eurent plus de secrets pour lui. Côté Jemmapes, en bordure du canal, il restait fasciné par la masse de la Cité artisanale Clémentel. Il s'enhardissait à traverser le large portail et à parcourir d'étage en étage des couloirs bruissants de machineries, chargés d'odeurs de métal, d'huile, de carton, de sciure, de mastic, d'encre d'imprimerie, de térébenthine, de peinture. Dans cette ville en réduction, bien répartis dans des pièces cimentées, on trouvait des doreurs, des brocheurs, des opticiens de précision, des imprimeurs typo, litho et offset, des linotypistes, des fabricants de vêtements de sport, des miroitiers, des tanneurs, des photographes, des dessinateurs industriels dont les panneaux publicitaires ornaient les portes.

Tout le quartier du canal était composé d'anciens hôtels particuliers transformés en bureaux, en manufactures, en dépôts de fabriques. On trouvait de profondes cours avec des hangars, des baraquements, tout un monde de pots de fleurs, de chats, d'oiseaux en cage, de ferrailles, de pneus usagés, de vieilles bicyclettes...» 

Robert SABATIER, Trois sucettes à la menthe, 1972

 

L'Hôpital Saint-Louis

«...Saint-Louis... le vieil hôpital possédait, en ce temps là, un pavillon de Malte, un lieu où on soignait les lépreux. Le jardin comporte toujours, comme ornement central, une croix végétal qui a gardé la forme de celle des chevaliers hospitaliers de l'île. C'est un endroit resté magique....chaque fois que je passe dans le secteur, je fais le détour par la rue Bichat et retrouve ce coin paisible qui tient plus du Marais que du bas Belleville. Pas besoin de baguette magique ; d'un coup, le bruit de la rue disparaît, et cet espace aux allures de cloître donne soudain envie de s'arrêter pour méditer...»

Joseph BIALOT, Belleville Blues : Editions Autrement, 2005

Les Ciments Susset (Point P,  puis Point Ephémère aujourd'hui)

«...Parlons donc des Ciments Susset. Ou plutôt de la salle Susset. Elle se situait, côté quai de Valmy, au bord du canal, presque à la hauteur de la rue Eugène-Varlin. Le lieu appartenait à une entreprise qui s'occupait de matériaux de construction. Chaque jeudi elle mettait ses locaux à la disposition des écoliers du 10e arrondissement - toujours le paternalisme social de l'époque -, et leur projetait un film gratuitement.

Problème : Belleville s'étale sur quatre arrondissements.... et le problème venait de là... tous les gosses du coin voulait voir le film projeté chez Susset, mais ceux qui n'habitaient pas le 10e étaient exclus. On a vu des coups de poing voler pour moins que ça. Commençait une longue et difficile stratégie, faite de ruses et de cafardage - "Ouais, m'sieur ! il n'est pas du 10e, il habite à Couronnes", "ils ne passaient pas tous , mais tous étaient frappés !" bref , les heureux élus se retrouvaient dans l'obscurité et attendaient le début d'une heure et demie de rêves. C'est ainsi que j'ai vu, salle Susset, après avoir resquillé, Le Bal, le premier film de Danièle Darrieux. Elle avait treize ans, j'en avais dix...»

Joseph BIALOT, Belleville Blues : Editions Autrement, 2005http://hv10.org/canalnw.php?lng=fr&pg=&id=3


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